« Tout devrait être rendu le plus simple possible, mais pas plus » Einstein

Le sujet & la construction de la réalité

·        Impression de violence grandissante, qui concerne la société autant que l’éducation

·        L’éducation est le reflet de la société et de ses valeurs :

o       Refus de la frustration

o       Satisfaction immédiate des désirs

o       Individualisme

o       Société du spectacle (narcissisme cabotin)

·        Elle vise à la construction de nouveaux membres, c’est-à-dire, des citoyens, des sujets, autonomes, libres.

·        La révolution française :

o       Droits de l’homme

o       Révolte contre les privilèges (égalité)

o       Fin du déterminisme social (égalité à liberté)

o       Passage de la position de soumission  (passive) à la position d’agent autonome, de sujet.

o       Grâce à la mise à distance du religieux

o       Et la mise en distance des pouvoirs qui en découlaient (le roi de droit divin)

o       1905 : séparation de l’Eglise et de l’Etat

o       Mai 68 : libération de l’autoritarisme d’Etat : « il est interdit d’interdire ».

·        Qu’est-ce qu’un homme ?

o       Qu’est-ce qu’un être humain ? qu’est-ce que Etre ?

o       Comment se fait-il que soit apparu à un moment donné des humains qui se pensaient « humains ».

o        Nous ne nous posons plus ces questions que nous ne voyons plus comme les poissons ne voient plus l’eau.

o       Hypothèse de René Girard : le passage animal à humain s’est fait par l’invention du religieux sacrificiel, par l’invention d’un plan divin considéré comme cause, c’est-à-dire, créateur de la société des humains et régissant son fonctionnement.

o       Dans un contexte religieux, les humains sont as-sujettis au Créateur.

o       Position infantilisante

o       Sorti de ce cadre, les humains accèdent à l’autonomie, mais doivent à présent inventer leur réalité plutôt que de se soumettre aux représentations religieuses

o       Chacun devient responsable de lui, de ses choix, de ce qui lui arrive

o       Grande incertitude, angoisse, caractéristique de l’adolescence.

o       L’imitation est encore la stratégie la plus efficace pour se rassurer

·        Qu’est-ce qu’une personne ?

o       Un ensemble ou un écosystèmes d’habitudes

o       Une habitude est une structure de contrôle (ou un compétence) qui nous amène à constamment vérifier que ce que nous attendons (passivement ou activement) se présente comme attendu

§         L’immeuble, l’appartement, la cuisine, le frigo, la télé, etc. chaque chose est à la place où je l’attends et c’est rassurant (le monde des objets est un monde stable). Imaginez votre état si l’une d’entre elle n’y est plus…

o       Les habitudes construisent donc des invariants, des régularités, qui constituent nos réalités pour autant qu’elles soient validés par les autres

o       Si nos attentes ne sont pas satisfaites, nos habitudes prises en défaut, nous éprouvons une frustration qui peut être à l’origine de réactions agressives, voire violentes

o       Le besoin de contrôle s’affirme dans le fait qu’une fois que nous détenons un bon outil de contrôle dans une situation, nous tendons à l’appliquer le plus largement possible (pour gagner le plus de contrôle possible sur notre environnement)

o       Mark Twain : « Pour l’homme qui tient un marteau, tout ressemble à un clou ».

o       Un élève est comme toute personne, un ensemble d’habitudes, de compétences, qui

§          tendent à maximiser leur contrôle sur le monde

§         attendent une reconnaissance sociale de ce contrôle ou de ce pouvoir qui les met en position de « sujet », c’est-à-dire, d’agent, cause, origine, responsable, c’est-à-dire, à la source de l’action dont le résultat atteste de leur compétence, de leur succès.

·        Enfant et adolescence

o       L’enfant est un « infans », il n’a pas la parole.

o       L’adolescence, c’est le passage de l’état d’enfant (infantile) à l’état d’adulte, c’est-à-dire, l’état de sujet autonome, source propre de ses déterminations.

o       Pour l’adolescent la reconnaissance sociale ne vient plus d’abord de la famille, il sait qu’il doit construire son identité dans la société en général. D’où un besoin de reconnaissance très affirmé qui s’accomplit au travers d’une recherche de singularité (vestimentaire ou autre) fondée sur le…grégarisme de groupe.

o       L’école doit être attentive à ce besoin de reconnaissance, à défaut, l’enfant est poussé vers les comportements transgressifs qui lui donnent cette « visibilité » nécessaire à l’identité.

o       L’élève turbulent, sur qui on crie, satisfait son besoin d’identité, mais d’une manière préjudiciable tant pour lui que pour l’école.

o       Pour éviter dans arriver là, il est bon de distribuer son attention de manière équitable (au moins) avant qu’un enfant se trouve en déficit.

o       Les enfants qui sollicitent sans cesse l’attention manque de sécurité sur le moment où on fera attention à eux. S’accorder avec eux sur les moments où l’enseignant fera attention à eux peut être une solution

·        Elève

o       Un élève, c’est un sujet face aux apprentissages. On ne peut avoir l’œil seulement fixé sur les résultats. Le respect du sujet est fondamental et incontournable

o       On met des enfants face à des apprentissages, mais ils ne sont pas prêts à s’y engager.

o       Un travail est à faire pour qu’ils renoncent à leur toute-puissance (grandissante) sur leurs parents

o       Un élève est un enfant qui a renoncé à cette toute-puissance et qui est disposé à suivre l’adulte dans la voie des apprentissages

o       On ne peut faire l’économie de cet engagement, de ce choix. Respecter le sujet, c’est se tenir à l’écart du rapport de force pour « pousser ou tirer » l’enfant sur la voie des apprentissages

o       Un problème, c’est quand les parents eux-mêmes ne font pas le deuil de l’enfant comme bébé !

o       Car le bébé donne une identité de parents à des adultes qui en parfois besoin pour se sentir exister.

o       C’est le cas des « trop bonnes mères »

o       L’institution fait peser d’énormes attentes de manière souvent irrespectueuse, elle met en échec quand l’école devrait être le lieu où la réussite est cultivée.

o       Le problème est que la cause de l’échec est attribuée à l’élève (élève en difficulté) quand l’échec résulte d’une interaction élève-école où c’est l’école qui a la responsabilité de la réussite.

o       Donc l’échec ne devrait pas être attribué à l’élève. Ce n’est pas à lui de porter cela. Il y a une injustice, ou plus exactement, une violence qui lui est faite

o       L’école devrait se faire une règle de n’attribuer à l’élève que ses réussites !

o       Les échecs doivent trouver leur explication, leurs causes dans la situation (santé, famille, histoire ?) et ne doivent pas être attribués à l’enfant, à son incompétence, son manque de motivation, d’attention etc. Car la performance de l’élève dépend de sa motivation qui dépend de sa situation.

o       L’enfant-roi n’a pas envie de quitter le royaume qu’il a conquis sur ses parents pour traverser les épreuves de la vie (scolaire) qui le feront grandir et lui permettront de se constituer son royaume à lui !

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